Peut-on marcher sur un glacier l'été à La Plagne ?

Le ski d'été sur les glaciers de La Plagne

retour sur une page d'histoire

C'est une histoire qui commence en 1978. À cette époque, La Plagne ouvre le glacier de la Chiaupe à une pratique alors inédite dans les Alpes : le ski d'été. 4 téléskis, 1 télésiège, une vaste étendue de glace et des skieurs en plein mois de juillet, à 3 000 mètres d'altitude.

En parallèle, une grotte de glace permettait de s'enfoncer dans les entrailles du glacier. Une fenêtre ouverte sur un monde souterrain minéral.

Puis, progressivement, les activités ont pris fin :

  • Le ski d'été s'est arrêté en 2005

  • La grotte a fermé en 2017

  • Le dernier appareil a cessé de fonctionner en 2023

Non par manque d'intérêt, mais parce que le glacier, lui, a changé. Et c'est précisément ce qui nous amène à la question centrale de cet article : pourquoi ne peut-on plus marcher sur le glacier aujourd'hui ?

Glacier de la Chiaupe en 2017 : vaste étendue de glace et de neige s’étendant sur un versant montagneux, bordée de crêtes rocheuses sous un ciel bleu dégagé.

Des glaciers en recul…

et la nécessité de préserver un environnement fragile

La réalité est claire, et elle repose sur des faits mesurables.

  • Entre 1952 et 2023, le glacier de la Chiaupe a reculé d’environ 300 mètres. Et son volume a diminué de 86%

  • Le glacier de Bellecôte a perdu près de 99% de sa masse. Impressionnant.

Ce recul transforme profondément la montagne.

Lorsque la glace disparaît, elle laisse place à un terrain souvent saturé en eau, ce qui accélère la dégradation du pergélisol (ou permafrost en anglais), ce sol gelé qui maintient les roches en place. Résultat : des blocs se détachent à cause de la non-solidifcation du pegélisol, des fissures apparaissent et l’environnement devient imprévisible.

Marcher dans cette zone aujourd’hui représente un risque réel, même pour des personnes expérimentées.

C’est pourquoi La Plagne a fait un choix clair : rendre à la nature cette partie du domaine skiable et retirer toute activité de la zone glaciaire, par sécurité et par respect de cet environnement fragile.

Photo réalisée en 2021 représentant le recul du glacier de la Chiaupe à La Plagne.

Une montagne qui se transforme…

et se réinvente

La disparition des glaciers n’est pas seulement une perte. C’est aussi le début d’une transformation.

Un plan de gestion environnementale permet aujourd’hui de suivre l'évolution naturelle de ces zones :

  • Réapparition de la flore alpine

  • Retour progressif de certaines espèces animales

  • Reconstruction d’un écosystème de haute altitude

Pour sensibiliser à ces évolutions, La Plagne organise chaque année la "Journée des Glaciers", dédiée à la compréhension de ces milieux en mutation.

La montagne ne disparaît pas : elle évolue.

Androsace des Alpes, pubescente et helvétique
Réapparition de la flore alpine
Lac à Live 3000 à La Plagne
Retour progressif de certaines espèces animales
Live 3000 à La Plagne
Reconstruction d’un écosystème de haute altitude

Live 3000

s'approcher, sans franchir la ligne

Alors concrètement, si on ne peut plus évoluer sur le glacier, peut-on encore approcher cet univers sauvage ? Oui. Et même très bien.

La télécabine "Glaciers", ne porte pas ce nom par hasard : elle vous emmène à 3000m d'altitude, au cœur d'un univers spectaculaire, à deux pas de la zone glaciaire.

C'est aussi le point de départ de l'expérience LIVE 3000 :

  • Un sentier thématique accessible

  • Une découverte de la flore d’altitude, rare et résistante

  • Des tables d’orientation pour lire les paysages et comprendre les glaciers & les sommets environnants

Vous n’êtes pas sur le glacier, mais face à lui, dans son souffle. Et cette distance change le regard.

Une femme tient une petite fille dans ses bras sur la terrasse de Live 3000 à La Plagne et lui montre le Mont Blanc. La fille pointe son doigt vers le paysage. Un sommet montagneux enneigé domine l'arrière-plan sous un ciel bleu clair.

Aérolive

le glacier vu du ciel, à petit prix

Pour une perspective encore plus marquante, Aérolive propose de s'en approcher, suspendu dans une cabine sans vitre sécurisée et d'en observer les reliefs au plus près. Depuis les airs, le paysage révèle toute son ampleur :

  • Les traces laissées par la glace

  • Les contrastes entre roche et neige

  • L’évolution visible du relief

  • Et en été, selon les conditions, le trajet longe encore des névés et des étendues enneigées.

Une manière unique de prendre conscience de la transformation de la montagne.

L'image montre une télécabine rouge d'Aérolive, ouverte aux quatre vents, avec plusieurs personnes à l'intérieur. Certaines d'entre elles lèvent les bras en signe de joie ou d'excitation. La télécabine est située dans un environnement montagneux avec de l'herbe verte visible à l'extérieur. L'ambiance semble estivale et joyeuse.

Alors, peut-on marcher sur le glacier l'été à La Plagne ?

Non. Mais ce n’est pas une limitation. C’est une invitation à découvrir la montagne et ses évolutions.

Aujourd’hui, La Plagne propose une expérience différente : plus contemplative et plus pédagogique.

À 3 000 mètres d’altitude, la montagne reste spectaculaire, vivante et accessible.

Et parfois, ne pas poser le pied sur un glacier permet de mieux comprendre ce qu’il représente vraiment.